Bricolage photographique #5 : Concevoir sa propre prise de câble USB 3 B pour capturer en mode connecté : Tethered shooting
PhaseOne et son logiciel Capture One permet de capturer en mode connecté : Tethered shooting
Dans le début des années 2000, les appareils photos numériques commençaient à se démocratiser dans le milieu de la photographie professionnelle. Des débuts un peu timides, ou les réflexes 24/36 se métamorphosèrent en version digitale. Ces reflex étaient dotés de petits capteurs avec une faible résolution. Ils étaient dédiés au reportage nécessitant une grande rapidité de traitement et une grande capacité de stockage d'images contrairement à un film de 36 poses. Pour la photographie de mode et publicitaire la qualité était assez médiocre. Il fallut attendre la sortie de l'EOS 5D de Canon, avec un vrai capteur 24/36 pour donner un rendu acceptable dans ces secteurs de photographie.
Parallèlement d'autres fabricants, comme Kodak, Leaf, Hasselbad et PhaseOne se positionnaient sur le marché du moyen format numérique avec l'utilisation d'un dos numérique pouvant être appareillé sur un boitier moyen format de différentes marques, ainsi que les chambres grand format.
Chez PhaseOne la série H était destinée au studio, ces dos numériques ne disposaient pas d'écran de contrôle et ne pouvaient être utilisés qu'en mode connecté. Contrairement à la série P et P+ qui leur succéda, ces nouvelles séries disposaient d'un écran de qualité assez moyenne, d'une batterie et d'un logement pour une carte mémoire CF pour un usage autonome en extérieur. Cette génération conservait le port firewire 400 hérité de la série H permettant de shooter connecté.
Le câble firewire était d'un standard idéal pour alimenter le dos numérique et transférer les données. Plus la taille et le nombre des millions de pixels augmentaient, plus ces dos étaient gourmands en énergie, car les capteurs CCD sont très énergivores. C'est pour cela que l'alimentation 12 V du firewire était idéale, même avec des longueurs de 5 mètres de câbles, sans perte de données ni d'énergie; au delà il fallait envisager l'utilisation d'un répéteur.
Ce n'est pas pour rien que la série IQ et Credo de Leaf (les deux marques ayant fusionnées) ont conservé le firewire désormais en version 800, sur la partie arrière du dos, tout en intégrant un port USB 3 B en latérale gauche.
PhaseOne a fini par abandonner la prise en charge de la gestion du firewire dés la version 22 de Capture One. Alors que chez Apple l'arrêt définitif du firewire s'est produit lors du lancement de mac OS Thaoe. Pour les possesseurs de DB, la seule solution était de disposer d'une machine dédiée à la capture numérique tournant sous Catalina avec la première version de CaptureOne 21.
En revanche les possesseurs d'IQ 1, 2 et 3, pouvaient continuer de shooter connecté avec un câble USB 3 B et d'alimenter le dos avec un câble firewire. Le mode connecté est quasiment indispensable quand on travaille en studio. Hormis la présence de nombreux câbles, on gagne énormément en confort et cela permet de contrôler ses captures au format RAW en temps réel et d'y apporter les corrections nécessaires qui s'appliqueront directement aux captures suivantes. Il est beaucoup plus facile de juger la netteté, l'exposition et la chromie de l'image et de procéder à la sélection d'images en temps réel.
Shooter en mode connecté permet aussi une meilleure communication entre son équipe et son client afin d'apporter les modifications nécessaires sur certains détails lors de la prise de vue, cadrage, lumière, maquillage, coiffure, pose du mannequin...etc
Le photographe 1.0 n'est pas forcément à l'aise avec l'outil informatique, il doit être épaulé par un assistant spécialisé dans la prise de vue numérique. C'est ainsi que dans les grandes capitales de la mode comme Paris, la profession d'opérateur numérique a fait son apparition. En parallèle beaucoup d'informaticiens se sont lancés dans l'aventure photographique. La chute des prix du matériel photographique numérique était désormais accessible aux semi-pro et amateurs éclairés dans la deuxième partie de la décennie des années 2000. Sachant que 2005 correspond à la sortie du légendaire Canon EOS 5 D.
PhaseOne a ouvert le mode connecté à différentes marques d'appareils photos avec la version pro de Capture One qui ne se limitait pas qu'au dos numérique. Lightroom, concurrent direct de Capture One a fini par proposer cette option également. Ensuite, beaucoup de concepteurs de logiciels ont suivi la tendance.
Les dos numérique moyen format, l'évolution des tailles de capteurs, leurs résolutions ainsi que leurs différentes montures.
De nos jours les dos numériques ont moins le vent en poupe que dans les deux premières décennie des années 2000. Les APN 24/36 ont rattrapé leur retard en se stabilisant dans les 60 MP. Le traitement informatique des fichiers RAW a également énormément progressé et demande beaucoup moins de compétences informatiques. La photographie est devenue ludique et conviviale. "La photo c'est bien rigolo" ponctua un visiteur du salon de la photo sur le stand Sony; nouvel exposant de la porte de Versailles, c'était en 2007.
Si actuellement Hasselblad et Fuji se partagent désormais le marché amateur du moyen format avec ses petits capteurs Sony 33mm/44mm à 100 MP. Phase One tient la première place du podium avec un capteur de 50,3mm/40,4mm pour 150 MP, bref presque un vrai format 645. Mais avant d'arriver à cette situation, une bataille commerciale avait fait rage entre PhaseOne et Hasselblad pendant deux décennies.
Hasselblad a fusionné avec le fabricant dannois de scanner Imacon, pour concevoir des dos numériques pour leurs appareils moyen format de leur série H élaborés par les Japonnais de chez Fuji. Hasselblad verrouilla alors son système afin que leurs dos numériques ne soient utilisés que sur leur système H. En face, les Dannois de Phase One fabricant de dos numériques uniquement mais ne produisant pas d'appareils photos, proposèrent une plateforme ouverte sur les différentes montures d'appareils moyen format. Parallèlement PhaseOne a su imposer son logiciel Capture One comme un standard de la prise de vue connectée. Ce dernier était beaucoup plus adapté que le logiciel Phocus d'Hasselblad, qui était développé sur la base du logiciel des scanners Imacon.
La monture Hasselblad V était très répandue, donc il y a eu beaucoup de montures V pour les série P/P+. En revanche ce fut moins le cas pour la série des IQ car PhaseOne avait fusionné avec Mamiya pour créer la caméra PhaseOne qui par la suite fut appareillée avec des optiques Schneider dédiées à la prise de vue digitale. Peu à peu le système PhaseOne s'est verouillé sur la monture M avec la série des IQ. Car la caméra PhaseOne est truffée d'électronique afin de concurrencer les moyens formats de la série H. La Série H a été définitivement arrêtée en 2023, Hasselblad s'est réorienté sur le marché amateur éclairé/semi pro du moyen format avec la série X dont le 907x et son dos numérique CFV 100C qui dispose d'une monture V.
Les DB PhaseOne en monture V sont très difficiles à trouver d'occasion en série IQ. A une époque il était possible de faire changer la monture d'origine pour une monture V dans les ateliers de chez PhaseOne. Hélas ce service n'est plus disponible, mais certains ateliers indépendants proposent cette modification : cela peut aller d'un kit de conversion finement usiné à de l'impression 3D assez grossière. Bref des modifications sans réelle garantie de résultats concernant la précision de la netteté. La meilleure solution consiste à trouver un dos IQ d'occasion en monture V.
La série V d'Hasselblad utilise un format carré de 5,56mm appellé communément 6/6. PhaseOne a produit des dos bénéficiant d'un format carré de 36mm, mais une fois recardré en format horizontal ou vertical on obtient un 24/36. De plus il y avait un facteur de conversion optique de 1,5 par rapport au 6/6 donc l'utilisation de focales grand angle perdaient leur singularité. Par contre la question de cadrer en vertical ou horizontal ne se posait pas. Pour les capteurs de taille rectangulaire, PhaseOne a conçu un système de double fixation du dos. Un pour l'horizontal et un pour le vertical. Contrairement à Leaf qui avait élaboré un système de capteur rotatif, en reprenant un peu le concept des dos pivotants de la série RB/RZ de Mamiya.
Phaseone Série IQ en monture Hasselblad V sur la série EL d'Hasselblad
Comme présenté dans cette première vidéo, appareiller un IQ en mode vertical, est assez aisé. En revanche le systéme de fixation n'opére qu'avec un seul crochet de fixation haut. De plus le bouton poussoir de fixation ne dispose pas de verouillage de sécurité contrairement au mode horizontal. Selon les modèles de crochets du bas de l'appareil, la fixation du dos à la verticale est impossible comme sur les série SWC ou bien ils peuvent se fixer mais avec du jeu ce qui ne permet pas un plaquage parfait du dos avec l'appareil comme c'est le cas avec le Flexbody.
Mais la plus grosse problématique, c'est celle de pouvoir shooter en mode connecté avec un câble USB 3 B en mode vertical. Car comme on peut le constater sur la seconde vidéo le câble Theter Tools conçu pour la série IQ ne permet pas un montage vertical sur un Hasselblad EL.
Depuis l'abandon de l'utilisation du Firewire, les possesseurs dIQ 1,2 et 3 ont du se rabattre sur l'utilisation du port USB 3 B. Ce port étant situé en latéral gauche en mode horizontal, quand on passe en mode vertical, la prise se retrouve positionnée en bas, et sur un Hasselblad EL, la prise du câble se retrouve située entre le dos et la partie moteur de l'appareil. Donc impossible de fixer le dos avec le câble Tether Tools dédié. Hormis changer d'appareil, il ne reste que la solution de trouver un câble coudé suffisamment fin pour se positionner entre le moteur et le dos. Hélas après moult recherches aucun câble ne présente ces caractéristiques.
Concevoir et assembler sa propre prise USB 3 B selon ses besoins et ce, sans prise de tête.
Dans le monde des tutos tout est facile:-) Dans le carrousel ci-dessus, je décris les différentes étapes pour personnaliser et fabriquer son câble tether personnalisé. L'opération dure 15 mn. Il suffit de disséquer la prise, de dénuder le câble sur 1,6 cm et de coller le kit de prise coudé USB 3B extra plat spécial IQ 1-2-3 imprimé en 3D. Et pour finir, un peu d'adhésif pour solidifier l'ensemble et le tour est joué. En réalité cela a été beaucoup plus compliqué en pratique, voici les différentes étapes :
Le choix du câble USB 3 B
Les câbles USB 3 B ne sont pas très répandus. Ils sont plus utilisés pour les imprimantes ayant besoin d'un haut débit. On les trouve donc dans des tailles maximum de 2 mètres. En revanche on peut trouver des câbles dédié au shooting connecté chez Tethertools et Aera51 mais l'autre extrémité est en USB A. Ce qui n'est absolument pas aux nouvelles normes européennes standardisées. En effet "la puissance" de la commission européenne a pu faire plier les GAFAM comme Apple et leur imposer le standard de la prise USB C. Mais à l'image des 27 états membres, qui ne parlent pas la même langue, c'est le même shéma pour la prise USB C : elle n'est pas cablée pareil et a des débits différents selon les fabricants. Ma parole, cette prise est une vraie tour de Babel! Si la prise est universelle, le câble ne l'est pas. Apple a conçu le thunderbolt 3 à partir d'une prise USB C mais il dispose de beaucoup plus de fonctions qu'un simple câble USB C. Trouver un câble USB 3 B /USB C compatible avec la série IQ n'est pas une mince affaire. C'est beaucoup plus difficile que d'attacher le bouchon à la bouteille. J'ai trouvé le câble idéal chez Partsdata. La longueur d'un mètre convient parfaitement à ma configuration de shooting, car l'ordinateur portable est disposé sur un Laptop Deck fixé sur le bras du pied colonne de salon. Plus le câble est court plus le transfert sera rapide limitant ainsi les interférences.
Création d'un kit de prise coudée USB 3 B imprimée en 3D
Pour la deuxième partie de cette mission, j'ai fait appel à Antoine un confrère photographe qui parallèlement exerce l'activité de designer 3D et annonce régulièrement sur Leboncoin. Le veritable challenge de ce design, c'était de prévoir une zone de pivotement sur la prise. En effet sur la série des boitiers EL d'Hasselblad le bloc du moteur n'est pas rectangulaire mais a un angle inférieur à 90 degrés permettant le mouvement de pivotement du dos interchangeable. Une fois le dos posé sur les crochets du bas, le pivotement permet de verrouiller le dos au boîtier avec le mécanisme de verrouillage venant enserrer les crochets du haut. Il y a très peu d'espace entre le dos et le moteur pour cette prise coudée. Le challenge a pourtant été accompli avec brio. Antoine a également intégrer une encoche à l'intérieur de la prise permettant de positionner la prise avec la bonne longueur d'enfoncement. Puis la touche finale : Le guide câble. Sa partie intérieure du coude est plate pour épouser la forme du dos. Un design unique et fonctionnel a nécessité trois ou quatre ajustements avant d'être opérationnel.
Assemblage de la prise coudé USB 3 B
Moment crucial, j'ai du sacrifier quatre câbles environ afin de trouver la procédure la moins destructive. La prise en caoutchouc est facile à enlever. Ensuite il faut inciser la base de l'isolant pour laisser place à l'encoche. Le haut de la partie de l'isolant blanc doit être réduite pour pouvoir donner un angle à 90 degrés au câble. C'est la partie la plus délicate de l'opération. Il faut une précision quasi chirurgicale pour ne pas sectionner un des câbles ultra fin au risque de rendre le câble inutilisable. Ensuite, il faudra dénuder le câble sur 1,6 cm; cela correspond à la partie incurvée de la prise. Il faut néanmoins conserver le blindage pour éviter les problèmes d'interférences.
Une fois ces opérations effectuées, le câble et le connecteur USB 3 B s'emboîtent parfaitement dans le logement de la nouvelle prise coudée. Il ne reste plus qu'à coller les quatre parties de la prise. On peut aussi encoller la partie isolante translucide. Pour le guide câble, la partie ajourée se positionne sur la partie interne du coude. Si quelques brins du blindage dépassent, il faudra les raser pour éviter les sur épaisseurs, car le placement du dos se joue vraiment au dixième de millimètre. Pour finir, j'ai utilisé le permacel, un gaffer matt ultra fin résistant à l'humidité, non conducteur et multi usage utilisé comme la guidoline du câble. Il ne reste plus qu'à tester que la prise s'enfonce bien dans le logement de la prise USB 3 B. Et bien sûr s'assurer que l'appareillage vertical du dos se fait sans forcer. Et le plus important s'assurer que les informations transitent bien entre le dos et CaptureOne en mode connecté.
Comment bien alimenter un dos IQ 1-2-3
Le gros problème de l'USB 3 B, c'est qu'il fournit environ 5V alors que le dos est alimenté en 12V via le firewire. L'alimentation USB 3 n'est pas suffisante pour alimenter le dos IQ. Que l'on paramètre le chargement en lent ou en rapide, ne fera que re-charger la batterie, mais la batterie continuera de se décharger durant l'utilisation, car le voltage n'est pas assez puissant. Ce n'est pas pour rien qu'Il faut un chargeur 12V pour recharger les batteries.
PhaseOne propose donc un adaptateur Firewire 800/12V permettant d'utiliser l'alimentation du chargeur de batterie 12V. Il faut paramétrer le chargement batterie en mode Rapide. J'ai réuni ces deux câbles dans une spirale passe-câbles, c'est tout de même un peu plus contraignant que le firewire 800 qui faisait les deux en même temps, mais moins contraignant que de devoir changer de batterie toute les deux trois heures. Lorsqu'il est alimenté en USB 3 cela permet de gagner un peu d'autonomie sur la batterie. Cependant le câble risque de chauffer un peu trop et peut créer des interférences lors du transfert. C'est pour cela qu'avec le câble USB 3 il est préférable d'utiliser le mode lent du rechargement de la batterie. Cela peut rester une alternative pour augmenter l'autonomie de la batterie si on shoot hors du studio en mode connecté, mais le laptop doit être branché sur le secteur.
Quelles sont les sources d'incidents techniques que l'on peut rencontrer lors d'une prise de vue en studio et celles induites par le mode connecté
La hantise des photographes de studio mode/publicité ce sont les soucis techniques avec le materiel de prise de vue ou d'éclairage. Le facteur humain est une autre problématique qui s'apparente plus à la gestion des équipes. Mais qui dit équipe dit plusieurs prestataires donc plusieurs intervenants à rémunérer, ce qui fait grimper la facture de la production finale. Chaque heure ou même minute peut coûter une fortune, un incident technique peut mettre à mal toute la production photo : heures supplémentaires ou la pire éventualité, réorganiser une prod-photo. Ce n'est pas pour rien que sur certaines grosses productions, le matériel est loué en double, en mode roue de secours.
Les incidents techniques photographiques peuvent se produire à différents niveaux. Les moins critiques sont sans doute ceux liés à l'éclairage studio. En cas de soucis sur un flash ou sur une source de lumière continue : La casse due à une chute ou une panne soudaine. Un photographe expérimenté rebondira en modifiant l'éclairage qu'il avait prévu, de plus il est supposé disposer de plusieurs sources lumineuses dans son studio. C'est plus problématique en cas de prise de vue sur site. Un photographe prévoyant aura toujours un peu plus de sources d'éclairages que nécessaire. Pour faire face à des imprévus, des aléas du terrain ou de la météo, le sujet sera plus difficile à éclairer.
Le plus impactant des incidents techniques sont ceux liés au matériel de prise de vue. Tout photographe se doit de posséder un deuxième boîtier, que ce soit en reportage ou en studio. Les problèmes peuvent survenir également sur les objectifs même si'ils sont rares, mais en augmentation avec toute cette électronique embarquée. Il est toujours possible de sauver la mise par un loueur de matériel si le photographe exerce dans une grande ville.
Depuis l'avénement de la photographie numérique, un ordinateur est systématiquement intégré dans la production photo. S'il y a toujours un risque de casse, le problème le plus récurrent restent les plantages à répétitions et les pertes de données lors d'une session en prise de vue connectée. Pour remédier à cela, il faut une machine stable, la plupart des opérateurs numériques utilisent exclusivement des ordinateurs Apple, non pas par snobisme mais pour la stabilité.
Pour finir les problèmes techniques les plus récurrents viennent souvent des câbles. Cela peut se produire suite à un simple oubli, ce qui arrive souvent lors des prise de vue sur site, à l'aller comme au retour il faut être vigilant afin de ne rien oublier. L'oubli d'un simple câble peut rendre le matériel inutilisable. D'un point de vue physique, le problème principal des câbles reste les faux contacts. Les câbles sont souvent malmenés lors des prises de vues, surtout sur site où il y a de fortes probabilités que des personnes présentes sur le set marchent ou roulent dessus; ce qui augmente le risque de faux contacts, immédiats ou à retardement. Depuis ces deux dernières décennies, le nombre de câbles a pu être réduit : les câbles d'alimentation des flashs, grâce aux flash autonomes sur batterie. Puis le câble synchroflash qui a pu être remplacé par un émetteur/récepteur radio, beaucoup plus performant que le déclencheur infrarouge. Il faudra néanmoins penser à prendre des piles de rechange et bien charger les batteries avant de partir.
Dans le cadre de la prise de vue connectée avec un Hasselblad V et un dos PhaseOne, il faut impérativement un câble pc-synchro entre l'objectif et le dos. Pour le mode connecté en USB B 3 et alimenté en FW800 12V, cela fait déja trois câbles. On pourra en rajouter un quatrième, le cable pc-synchro pour la Profoto air remote si on shoot au flash. Et pendant qu'on y est pourquoi pas un cinquième pour le câble moteur permettant de déclencher depuis CaptureOne si on ne dispose pas du 555 ELD. Tether tools avait mis au point un transmetteur wifi permettant de shooter sans câbles (retiré du catalogue), mais il y avait trop de déconnexions intempestives et par conséquent des pertes de données. Beaucoup d'utilisateurs sont revenus aux câbles pour le mode connecté.
Cela fait beaucoup de câbles mais ce n'est pas forcément dérangeant quand on est en studio. Pour un usage de prise de vue sur site ou nomade on privilégiera l'utilisation de batteries et de connexions sans fils pour réduire les différents risques d'accidents techniques.
C'est souvent en fin de shooting que les risques de casse de matériel suite à des chutes et l'oubli de câbles ou chargeurs se multiplient, souvent provoqués par un relâchement de vigilance, la fatigue et surtout la précipitation. On a tendance à ne pas forcément ranger les câbles précautionneusement, ce qui risque de réduire leurs durée de vie avec la venue de faux contacts. Pour conclure, c'est toujours plus prudent d'avoir des câbles en double quand un faux contact intempestif apparaît.
Comment se comporte cette configuration tether lors d'une prise de vue studio mode/beauté avec ce câble USB 3 B /USB C d'un mètre
Quand un photographe loue ou achète un nouvel accessoire, il faut d'abord qu'il fasse des essais en solo afin de se familiariser avec les nouveautés techniques pour une bonne prise en main. Le test ultime doit se faire en conditions réelles; pour cela il est préférable de le faire lors d'une prise de vie perso que lors d'un travail de commande pour un client.
L'intérêt des shooting test, c'est de produire de nouvelles images pour les présenter à des prospects. C'est l'occasion de tester du nouveau matériel afin de voir comment celui ci se comporte dans des conditions intensives de prise de vue. Cela fera aussi l'occasion de faire évoluer son style, sa technique, sa méthode de travail, sa créativité et son regard. Une prise de vue avec personnage nécessite une parfaite assimilation de la technique et de l'utilisation de son matériel afin de pouvoir se focaliser dans la création de ses images et la direction de ses modèles. Il n'y a rien de plus exaspérant que d'avoir un soucis technique qui va casser la dynamique de la séance photo.
Pour illustrer concrètement ce post de blog, se référer aux deux photos de making-off et celle du résultat final. Concernant mon retour d'experience, le câble s'est très bien comporté, aucun plantage, toutes les captures ont été transférées sans incidents. Le passage du dos du mode horizontal au mode vertical s'est fait aisément. Tout comme le passage du dos numérique à l'analogique avec un dos A12 ou Instax. La configuration de double câblage (data/power) n'est pas trop pénalisante. Je reste cependant nostalgique de l'ergonomie du câble firewire. En tout cas le design de la prise extra plate est beaucoup plus ergonomique que la longue prise du câble Tether Tools qui dépasse de 3 cm. Test tether-shooting passé avec brio, je ne peux pas en dire autant de l'un de mes projets de light engineering qu'il faudra re-penser dans sa globalité.
Ce projet de bricolage photographique aura été assez long à être finalisé. Il aura demandé plusieurs phases de test, afin d'apporter des modifications à cette prise. L'impression 3D permet de proposer un projet finalisé qui peut être proposé à des investisseurs. Ce ne sera pas le cas de ce projet, car il y a très peu de chances que d'autres photographes soient confrontés à cette problématique de prise de câble. En tout cas si un jour les Chinois d'Hasselblad se décidaient à sortir un dos en monture V avec un vrai capteur 6/6, ils pourraient reprendre leur place parmi le marché pro du moyen format. La base du CFV 100C est bien conçu mais le capteur vraiment trop rikiki, malgré l'argument commercial des 100MP. Il est souvent qualifié ironiquement de moyen-moyen format numérique par les utilisateurs de IQ PhaseOne. Un capteur de grande taille apporte un vrai plus dans le rendu des matières et de la nuances des transitions flou/net. Actuellement c'est le seul dos numérique du marché du neuf utilisant encore la monture V datant de 1948 qui est encore d'actualité sur des appareils photos atypiques.








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