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Protéger ses films et pellicules argentiques avec un sac Domke en revêtement plomb lors des contrôles aux rayons X


Des contrôles de sécurité, dans les gares et les aéroports et parfois les musées sont efferctués au moyen d'un scanner à rayon X. Quels sont les risques pour les films argentiques?

Partir en voyage avec des appareils photos argentiques et de nombreuses pellicules
Partir en voyage avec des appareils photos argentiques et de nombreuses pellicules

Rien de vraiment innovant concernant ce sujet. Les photographes reporters internationaux y étaient déjà confrontés au siècle dernier lors des contrôles de bagages cabine aux rayon X. De nos jours les machines ont évolué comme ces nouveaux scanner 3D et donnent un aperçu du bagage sous divers angles avec des couleurs spécifiques selon la densité des matières. Les métaux les plus denses apparaissent en noir comme le plomb et l'or.


Les rayons X restent dangereux pour les films à partir de 400 Iso. Même si les opérateurs garantissent que leurs machines sont inoffensives pour les films en dessous de 1600 Iso. Ce n'est pas tout a fait vrai, le risque existe dès 400 Iso.


Un film déjà exposé est plus sensible aux rayons X, dans le procédé de détérioration de l'image. C'est pour cela qu'il est recommandé de faire développer ses pellicules sur place avant le voyage de retour, pour éviter de leur imposer un passage supplémentaire aux rayons X. C'est surtout le cumul des passages aux rayons X qui augmente le risque de détérioration. Les films développés quant à eux sont insensibles aux rayons X.

Et pour finir il faut tenir compte de la diffusion aléatoire des rayons et de leur réverbération sur les divers objets en fonction de leur composition à proximité des pellicules à l'intérieur du bagage cabine. Concerenant les scanners 3D les rayons sont envoyés dans les 3 axes afin de visualiser le bagage sur 4 angles différents. Concrètement les rayons frappent dans tous les sens le bagage et son contenu, augmentant les risques de voilage de façon considérable.


Je précise bagage cabine, car les rayons X pour les bagages en soute sont beaucoup plus puissants et dangereux même pour des émulsions de 100 iso donc à proscrire même s'il existe des solutions.


Les dégâts des rayons X sur les films argentiques : quelques exemples concrets.

Souvent il faut faire sa propre experience afin de ne pas refaire les mêmes erreurs mais aussi de les partager. Les retours d'expérience permettent d'évoluer à partir de mésaventures et de trouver des solutions appropriées afin que cela ne se reproduise plus. Selon les périodes où les risques d'attentats terroristes augmentent, l'intensité des rayons X augmente elle aussi pour un contrôle plus poussé. Je vais en profiter pour vous partager quelques exemples atypiques produits par des rayons X un peut trop agressifs. Grâce aux contrôles ferroviaires j'ai pu faire des tests multiples.


Ici un film Kodak Portra 400 passé 20 fois aux rayon X avant de l'utiliser pour photographier. Les rayons X ont imprimé le mécanisme de l'appareil sur le film. Les images réalisées avec cette pellicule manquent de contraste, cela est du à un voilage du film aux rayons X. On obtient une augmentation du grain. On peut observer des zones de voilage aléatoire qui sont très difficiles a corriger en post prod. J'ai réitéré l'expérience avec une Kodak Portra 160 VC, rien à signaler même après 20 passages aux rayons X.


Mécanisme d'un appareil photo argentique exposé aux rayons X sur la pellicule Portra 400 chargée dans l'appareil
Mécanisme d'un appareil photo argentique exposé aux rayons X sur la pellicule Portra 400 chargée dans l'appareil
Mécanisme d'un appareil photo argentique exposé aux rayons X sur la pellicule Portra 400 chargée dans l'appareil
Mécanisme d'un appareil photo argentique exposé aux rayons X sur la pellicule Portra 400 chargée dans l'appareil

Les effets des rayons X ont été dévastateurs sur cette Cinestill 400. Les effets de voilage sont accentués du fait que la couche anti halo de ce film a été retirée. Les rayons X ont traversé la cartouche 135 de la de la première vue jusqu'aux dernières vues, mêmes si celles ci sont moins exposées. On retrouve le même motif de voilage produit par superposition sur tout le film. Toutes les images de ce film restent inexploitables. C'est comme si les rayons étaient passés par les lèvres de la cartouche 135.


Voilage partiel par superposition aux rayons X d'un film Cinestill 400
Voilage partiel par superposition aux rayons X d'un film Cinestill 400

Voilage partiel par superposition aux rayons X d'un film Cinestill 400
Voilage partiel par superposition aux rayons X d'un film Cinestill 400

Un dernier exemple sur un film noir et blanc : C'est comme si les numéros de vues du film avaient été projetés sur d'autres vues de la pellicule. Il semble que l'on puisse plus facilement récupérer des clichés sur un film négatif noir et blanc ayant été exposé aux rayons X que sur un film couleur. On joue alors sur la densité et les contraste de l'image. On peut toutefois rattraper un peu les dégâts et redonner du contraste a l'image dans la mesure du raisonnable.


Pellicule noir et blanc Tri X 400 exposée aux rayons X, avec motifs mystérieux
Pellicule noir et blanc Tri X 400 exposée aux rayons X, avec motifs mystérieux


Pellicule noir et blanc Tri X 400 exposée aux rayons X, avec motifs mystérieux
Pellicule noir et blanc Tri X 400 exposée aux rayons X, après ajustement de la luminosité et du contrast

Les films couleur restent plus vulnérables que les films noir et blanc, car les films couleur sont composés de plusieurs couches photo-sensibles.


Il y a peu de chance d'obtenir des accidents photographiques artistiquement intéressants via l'exposition accidentelle de films exposés aux rayons X. Mieux vaut s'en protéger.


L'utilisation d'un sac en plomb Domke pour protéger ses films et pellicules argentiques lors d'un passage au scanner à rayons X


Sac à dos passé aux rayons X avec sac Domke de protection aux rayons X entouré en rouge
Sac à dos passé aux rayons X avec sac Domke de protection aux rayons X entouré en rouge

La solutions reste inchangée depuis des années : Un sac avec un revêtement intérieur en plomb pour absorber la majeur partie des rayons X. Le sac de chez Domke est de bonne conception, il existe en plusieurs formats. Par contre ils sont assez lourds; cela peut rapidement alourdir un bagage cabine. Il existe aussi des sacs plomb dédiés aux bagages en soute. Ils sont plus épais donc encore plus lourds. Ils peuvent aussi déclencher un contrôle manuel du bagage en soute, ce qui peut engendrer des tracas supplémentaires comme de devoir se rendre dans la zone de contrôle des bagages en soute. Une péripétie pouvant faire rater son vol. Le plomb en bagage soute est à proscrire car beaucoup trop de suspicion compte tenu de sa densité qui fait apparaître une masse noire.


Les contrôles des bagages cabine sont moins contraignants car le propriéataire du bagage est présent . Comme on peut le constater sur cette image ou , le sac anti rayon X est entouré en rouge celui ci produit une masse informe noire au milieu du sac qui déclenchera systématiquement un contrôle manuel. C'est pour cela qu'il est préférable de sortir le sac plombé du bagage cabine et de le mettre dans un bac avec les acessoires (montre, ceinture, portefeuille..). L'opérateur aura moins de difficulté à effectuer ses investigations et procéder à un contrôle manuel et visuel de la pochette en plomb. Ne pas hésiter à préciser qu'il s'agit de films photographiques sensibles aux rayons X. Il faut éviter d'avoir un appareil photo chargé d'un film, même si on place celui ci dans une pochette plomb où il sera protégé. Le contrôle risque d'être plus lent et compliqué, mais cela peut passer. Généralement le contrôle manuel se passe plutôt bien surtout si on garde le sourire.


Le retour de voyage des films dans leurs sacs Domke en revêtement plomb pour leur développement et leur numérisation.

Revenir de voyage avec des appareils photos argentiques et de nombreuses pellicules
Revenir de voyage avec des appareils photos argentiques et de nombreuses pellicules

Depuis que j'utilise ces pochettes Domke avec un revêtement plomb et la discipline qui va avec je n'ai plus aucuns problèmes de voilage sur les films que je développe à mon retour.


Je préfère limiter les risques de voilage au maximum, j'utilise cette pochette systématiquement même avec des films de 100 ISO. Ce n'est pas trop appréciable de dégrader la qualité de film professionnel par un voile digne des pires films périmés.


Un film voilé ce n'est pas facile à scanner. J'ai évoqué ce sujet dans ce post sur les ingénieurs scannéristes. Le voile était assez régulier, du fait que le film était non exposé lors de son passage aux rayons X. Cela a généré une montée du grain avec une perte de contraste sur l'image numérisée. On arrive toujours à rattraper, mais c'est dommage, cela gâche la régularité de la série d'images.


Il faut garder à l'esprit que la pochette n'est pas non plus miraculeuse mais elle réduit les risques de voilage à plus de 80%. Il faut quand même éviter au maximum les passages non nécessaires aux rayons X.









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Arnaud  JOLY Photographe auteur

E-mail : info@arnaudjoly.fr

Tel : +33 6 87 13 25 54  

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